

Dans la tranche Comics de Glénat se trouve une pépite monumentale : Helen de Wyndhorn.
On retrouve au commande le trio artistique qui avait fait mouche pour Supergirl : Woman of Tomorrow avec Bilquis Evely au dessin, Matheus Lopes aux couleurs, et bien sûr, Tom King au scénario. Evely a même obtenu, grâce à son travail magistral sur ce titre, le Eisner Award de la meilleure dessinatrice 2025.
Cette superbe bande dessinée de 168 pages nous entraîne dans une aventure dense et envoûtante, où la frontière entre le réel et la fantasy se fait de plus en plus ténue.
Entre créatures monumentales, secrets enfouis, alcool, héritage littéraire et brèches dans la réalité, Helen de Wyndhorn est une œuvre qui donne envie de se blottir dans un bon fauteuil pour mieux se laisser happer par son atmosphère d‘heroic fantasy.
Une histoire fantastique à la croisée du Magicien d’Oz et de Conan le Barbare
Après la mort tragique de son père C.K. Cole, un célèbre écrivain de pulps, Helen doit aller vivre dans l’immense propriété de son grand-père, Wyndhorn House. Marquée par cette disparition, la jeune femme perdue et rebelle est projetée dans un monde nouveau. Elle ne le sait pas encore, mais bientôt son existence tout entière va être bouleversée… Un soir, près du bois, elle est attaquée avec sa gouvernante par une créature maléfique qui semble tout droit sortie d’un roman de fantasy ! Brandissant une hache, son grand-père arrive juste à temps pour les sauver. Mais cet accident n’a rien d’anodin. Peu à peu Helen, va se rendre compte qu’à l’extérieur des murs vivent des créatures légendaires semblables à celles qui peuplaient autrefois les récits de son père. Comment est-ce possible ? Commence alors un fabuleux voyage initiatique en compagnie de son grand-père, qui va lui révéler un univers différent de ce qu’elle a connu jusqu’ici.
Glénat

Réalité enchaînée VS Fantasy déchaînée
Le récit est construit sur un équilibre précaire entre le monde réel de la famille Cole, et celui, sauvage et mythologique, issu des romans de C.K. Cole, le père d’Helen. Cette frontière entre fiction et réalité constitue le pilier narratif central du livre. Le lecteur est immédiatement plongé dans une confusion volontaire. Les créatures sont-elles réelles ou simplement le fruit de l’esprit embrumé par l’alcool de notre jeune Helen ?
Le fait que Lilith, la gouvernante des Cole, raconte son passé avec la famille plusieurs décennies après les faits, crée aussi une distance subtile qui renforce l’impression de feuilleter des souvenirs. C’est un choix malin qui permet à King de jouer sur le non-dit. Le texte ne nous dit pas tout car, comme les souvenirs, il contient des parts d’ombres.
Le thème du deuil demeure omniprésent et cet univers à la fois merveilleux et dangereux est un prétexte pour se reconstruire, pour oublier. Helen, brisée par la mort de son père qu’elle adulait, se réfugie dans l’alcool et le mutisme. Son grand-père, quant à lui, fuit la douleur de la perte de son enfant en se plongeant dans la chasse aux monstres. Lilith, témoin impuissante des malheurs de la famille, tente par ses propres moyens de comprendre et d’aimer les Cole.

Un trio artistique pour un rendu ahurissant
Helen de Wyndhorn est une bande dessinée absolument divine. Bilquis Evely nous livre ici son plus beau travail à ce jour. Elle nous offre un trait d’une finesse vertigineuse qui crée une expressivité presque magique.
Les visages semblent vibrer et les décors du manoir regorgent de détails qui ajoutent à l’immersion du lecteur dans l’histoire. Et que dire des créatures fantastiques aussi fascinantes que cauchemardesques ? À travers son coup de crayon si particulier, on retrouve des influences d’autres grands dessinateurs comme Frank Frazetta dont le trait brutal a fait parler de lui ou encore Alfons Mucha dont la délicatesse et la grâce ont toujours été enivrantes.
Matheus Lopes sublime le dessin d’Evely grâce à une palette automnale de toute beauté. En oscillant entre la douceur du sépia et des teintes plus éclatantes, il sculpte la lumière et crée une atmosphère presque onirique. Le résultat ? Un livre qui ne se lit pas seulement, mais qui se ressent, qui captive et qui happe son lecteur.

L’avis de la rédactrice

J’ai tout bonnement été subjuguée par la beauté graphique de cette œuvre. Conquise par l’esthétique, l’histoire m’a tout autant emporté.
Helen de Wyndhorn est une BD qui vous attrape par la main. Elle vous entraîne dans des mondes où les monstres vous renvoient à vos propres blessures.
C’est un récit qui réveille la fascination de l’enfance pour la magie, la mélancolie des adultes face au monde réel, et surtout, l’envie irrésistible de croire encore aux mondes cachés derrière des portes closes.
En bref, Helen de Wyndhorn est un coup de cœur absolu. Une pépite à lire et relire, encore et encore !

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