Les Contes Interdits : Le Bonhomme Sept Heures

Les Contes Interdits : Le Bonhomme Sept Heures

Publié aux éditions Contre-Dires et signé Yvan GodboutLe Bonhomme Sept Heures est une revisite de la légende québécoise du croque-mitaine.

Yvan Godbout a écrit de nombreux autres Contes Interdits tels que Hansel et Gretel ou Bastien et Mathis.

Ici, l’auteur sort de l’horreur brute et nous propose une histoire de rédemption.

Au programme, chiens monstrueux, cauchemars vivants, famille dysfonctionnelle et bourreaux eux-même victimes.

Grâce à sa plume accrocheuse, Yvan Godbout nous happe dès les premières pages dans un univers étrange et fascinant.

Un vieillard et son teckel coulent des jours paisibles jusqu’à l’arrivée de leurs nouveaux voisins.
Des parents ne remettant jamais en question la vulgarité et la violence de leurs paroles ou de leurs actes devant leur fille unique.
Une rose choyée qui n’attend qu’une maladresse pour enclencher les rouages du destin.
Un gardien d’un labyrinthe prêt à « offrir » son temps et à donner des leçons sans compter.

Les apparences peuvent être trompeuses : derrière des yeux bienveillants et paisibles peuvent se dissimuler ceux d’une créature maléfique, et sous les visages les plus innocents se cache parfois une sombre vérité. Égarée dans les méandres du Royaume des Rêves, la petite Laurie en fera le triste constat. Le Bonhomme Sept Heures, personnage populaire au Canada, à l’instar du père Fouettard en Europe, est un être légendaire, créé pour assagir les enfants en leur faisant peur…

Contres-Dires

Le chemin de la rédemption

Le chemin de la rédemption

Le roman installe doucement l’atmosphère. On suit Valérien, un vieux monsieur et son chien Valmont qui subissent l’arrivée de voisins particulièrement odieux.

Dans le Bonhomme Sept Heures, ce n’est pas seulement une famille qui est mise à l’épreuve, mais un système moral tout entier. Chaque personnage est ainsi obligé d’affronter ses peurs les plus profondes, et surtout, de révéler sa véritable nature.

L’homme au cœur du récit, le Bonhomme Sept Heures, n’est pas un monstre. Il est lui-même pris au piège, enfermé dans une mécanique qui a eu raison de lui il y a des années.

Dans ce long chemin vers la vérité, Yvan Godbout brode une fable noire, dans laquelle la morale se plie sous la pression des événements. Le lecteur découvre au fil des obstacles que rencontrent les personnages, que tout n’est jamais noir ou blanc. Et surtout, qu’un homme change si on lui en laisse le temps.

Des personnages ambivalents

Des personnages ambivalents

La force du récit réside dans la construction des personnages. Ici, personne n’est totalement innocent, ni entièrement coupable. Godbout dessine des figures fissurées en constantes contradictions.

Valérien Artois incarne cette zone grise. Son autorité et son pouvoir ne sont jamais neutres. Il n’est pas un simple bourreau, mais le rouage d’un système qui broie autant qu’il protège.

Monique, quant à elle, est un personnage foncièrement antipathique. Peste insupportable, traînant derrière elle un lourd passé. Figure cruelle et égoïste, elle est la preuve vivante que la rédemption n’est accessible que quand on la souhaite vraiment.

Pour Alexandre, l’épreuve du labyrinthe fait ressortir le meilleur de lui. Père aimant, il est prêt à tout pour protéger sa fille, quitte à y laisser sa vie. C’est un homme complexe auquel on s’attache.

Finalement, Laurie, petite fille embarquée dans ce cauchemar sans raison, apporte une lumière discrète, mais essentielle. Courageuse et profondément attachée à son père, elle fait preuve d’une grande empathie.

L’avis de la rédactrice

L’avis de la rédactrice

J’ai particulièrement aimé suivre Alexandre et Laurie. Ce sont deux personnages passionnants qui n’ont cessé de me surprendre. À l’inverse, Monique m’a agacée tout au long du roman.

Le Bonhomme Sept Heures est une histoire de rédemption touchante qui, selon moi, n’a rien à faire dans la collection des Contes Interdits. Les épreuves à traverser sont dures et parfois sanglantes, mais la morale du livre reste douce et bien pensée.

En bref, un roman qui nous apprend que dans la vie, tout n’est pas noir ou blanc et que chaque personne peut s’améliorer si elle le souhaite vraiment !

Pour découvrir un autre conte interdit, pourquoi ne pas tenter La Reine des Neiges de Simon Rousseau ?

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