

Une créature insaisissable, des villages gagnés par la peur et un roi qui commence à perdre patience : bienvenue dans le Gévaudan du XVIIIᵉ siècle !
Avec Les Griffes du Gévaudan, Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard s’emparent d’un mystère historique pour en faire une enquête aussi sombre que captivante, publiée chez Glénat.
La traque peut commencer : sur les traces d’une bête terrifiante aux multiples visages !
Été 1765. Quand François Antoine arrive dans le Gévaudan avec son fils pour enquêter sur une série d’exactions, la population est traumatisée. Depuis un an, on décompte dans cette région des dizaines de victimes, avant tout des femmes et des enfants, tuées dans des conditions atroces au bord des chemins. Les survivants décrivent tous une créature terrifiante, un animal inconnu, un fauve à moins que ce ne soit un loup-garou ? Pour l’Eglise, nul doute, c’est un fléau envoyé par Dieu ! Missionné par le roi pour mettre fin à ce carnage, François Antoine préfère écarter ces élucubrations… Selon le porte-arquebuse du roi, il est simplement question d’un loup. Mais pour son fils, plusieurs indices troublants laissent à penser qu’il s’agit d’autre chose, de bien plus terrible… Quelle sorte d’animal décapite, démembre et parfois déshabille ses proies ? Et comment expliquer, que les témoins des attaques n’arrivent pas à identifier l’animal, dans une région où le loup est un animal que l’on rencontre régulièrement ? Ni les balles des chasseurs ni les battues ne seront d’un grand secours et tandis que père et fils s’affrontent sur la nature de cette « Bête » insaisissable, la traque devient une affaire d’État… La tension monte, les attaques redoublent d’intensité et une sombre rumeur ressurgit du passé… une histoire où vengeance et loi du silence se mêlent aux crocs et aux griffes. Pour nos deux enquêteurs, l’adversaire sera pluriel, féroce et animé d’une haine sans limites…
Glénat
Le mystère de la « Bête du Gévaudan » jamais élucidé, a marqué l’Histoire et inspiré le cinéma. Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupards’emparent d’un mythe connu de tous, et réinventent l’histoire de la « Malbête » pour mieux brouiller les pistes et entraîner le public dans une enquête mystérieuse et terrifiante. Basé sur des faits réels, ce thriller résolument moderne où l’horreur dépasse la fiction, formera un diptyque dont les 2 albums seront accompagnés d’un dossier historique de 8 pages qui reviendra sur les faits réels survenus en Lozère au XVIIIe siècle.

Une Bête, mille inquiétudes
Une Bête, mille inquiétudes
Dans le Gévaudan, les attaques se multiplient. Les habitants redoutent la prochaine victime. Les chasseurs échouent les uns après les autres à arrêter la Bête et les rumeurs prennent de plus en plus d’ampleur. Pour Louis XV, l’affaire devient embarrassante. Comment le pouvoir royal peut-il rassurer la population s’il ne parvient même pas à identifier ce qui la terrorise ? François Antoine est alors envoyé sur place avec son fils pour mener la traque.
La duologie prend le temps d’installer cette situation. On découvre les villages, leurs habitants et les tensions qui entourent l’arrivée des envoyés du roi. C’est parfois un peu long, surtout dans le premier tome, mais cette mise en place donne du poids à l’enquête : derrière la question « qu’est-ce que la Bête ? », il y a aussi celle de savoir qui sera cru, qui sera accusé et qui tirera avantage d’une réponse.
De nombreux témoins attestent avoir vu la Bête, mais les affirmations diffèrent et le mystère demeure toujours entier.


Des planches qui font vivre le Gévaudan
Des planches qui font vivre le Gévaudan
Le dessin réaliste de Jean-Charles Poupard donne à cette traque une belle présence. Costumes, intérieurs, villages et paysages composent un monde dans lequel on entre facilement. Les scènes nocturnes et les étendues sauvages installent une inquiétude constante, sans que la violence ait besoin d’occuper chaque case. On scrute les décors presque autant que les enquêteurs, à l’affût d’un mouvement suspect. L’immersion est vraiment parfaite et c’est sûrement là le gros point fort de cette duologie.
Cette richesse visuelle accompagne un récit dense en dialogues. Tout nous est expliqué, il est donc impossible de se perdre. Cette accumulation de dialogues ravira celles et ceux qui aiment prendre leur temps dans une bande dessinée historique, mais peut freiner les lecteurs qui espèrent une chasse menée tambour battant. Les Griffes du Gévaudan est une bande dessinée dont les planches laissent parler davantage les regards et les paysages. L’atmosphère est réussie et on ne peut qu’être admiratif de ce travail de réalisation graphique et scénographique




L’avis de la rédactrice
L’avis de la rédactrice

J’ai surtout été séduite par l’ambiance de la BD. La Bête du Gévaudan est une légende qui me passionne depuis toujours et j’ai aimé retrouvé ce célèbre mystère à travers une enquête qui s’intéresse autant aux émotions des habitants qu’à la traque elle-même.
Je me suis aussi attardée sur de nombreuses planches pour bien en comprendre l’ampleur, mais ce qui rend le récit vraiment prenant, c’est la place accordée aux réactions humaines. La peur nourrit systématiquement les croyances et les soupçons. Les échecs des chasseurs fragilisent leur autorité. Quant à la Bête, elle rôde dans les paysages, tout en occupant toutes les conversations. À mesure que l’enquête avance, on comprend que trouver une explication ne suffira pas forcément à satisfaire tout le monde.
Le second tome apporte une réponse au mystère sans faire oublier qu’il s’agit d’une interprétation romanesque d’une affaire historique. Le choix des auteurs pourra convaincre ou faire discuter, ce qui convient plutôt bien à une histoire qui suscite encore tant de théories !

Et si vous plongiez dans le monde de l’assassinat avec Hotel Inhumans ?




