Sherlock Holmes et le démon de Noël : les affaires reprennent !

Sherlock Holmes et le démon de Noël : les affaires reprennent !

Sherlock Holmes et le démon de Noël est un roman composé de 31 chapitres et 333 pages, au prix de 25€.

Il est publié en grand format aux éditions Bragelonne, le 17 novembre 2021. À mon goût, c’est un magnifique livre avec des reflets dorés sur la tranche et sur la couverture, des bords arrondis ainsi qu’un effet cuir et une couleur bordeaux qui contrastent avec les dorures.

1890. Peu avant Noël, Sherlock Holmes et John Watson reçoivent à Baker Street la visite d’une nouvelle cliente. Eve Allerthorpe, fille aînée d’une dynastie prestigieuse mais quelque peu excentrique du Yorkshire, se trouve dans une profonde détresse : elle se croit possédée par un démoniaque esprit de Noël.

Eve doit hériter d’une fortune à condition d’être saine d’esprit, mais il semble que quelque chose – ou quelqu’un – menace son équilibre mental. Holmes et Watson partent enquêter au château de Fellscar, demeure familiale des Allerthorpe, mais s’aperçoivent vite que l’affaire est plus complexe qu’il y paraît. Un autre esprit hante la famille ; et lorsque l’on découvre le cadavre d’un membre de la maisonnée, le duo comprend que nul n’est au-dessus de tout soupçon…

Bragelonne

Un Sherlock Holmes par un autre auteur que Sir Conan Doyle ? C’est le pari que l’écrivain James Lovegrove a décidé de relever !

Sincèrement, au début j’étais dubitative, voire un peu méfiante. En tant que grande fan de Sherlock Holmes et Watson, ainsi que de leur univers, j’avais comme un doute. J’en attendais beaucoup : saura-t-il respecter le style de notre Sir anglais ? Ainsi que son talent pour le mystère ? Au regard des différents avis, j’ai décidé de lui laisser sa chance. Et sans regret !

« Une écriture si familière que l’on pourrait la croire née sous la plume de Conan Doyle. » The Crime Review

« Lovegrove a une profonde compréhension du langage holmésien, mais aussi du fonctionnement de Londres et de ses environs dans les années 1890… Un prolongement naturel de l’œuvre de Doyle. » Girl Who Reads

Bragelonne

Sous les flocons du Yorskshire

Le récit commence à Londres. Comme toujours, c’est notre cher Watson, qui nous conte cette nouvelle aventure à la première personne. On peut donc voir se dérouler le récit à travers ses yeux et le vivre à travers ses sentiments.

Sherlock Holmes et le démon de Noël, c’est l’histoire d’une jeune femme riche, Eve Allerthorpe, qui vient solliciter nos deux compères, quelques jours avant Noël. En fait, elle a peur de devenir folle. Or, il s’avère que de sa santé mentale dépend son héritage. Il pèse sur la famille de celle-ci une présence fantomatique. Cette dernière la hante au point qu’elle a dû fuir le château familial pendant un temps. Notre héritière associe cette présence au Thurrick Noir, un monstre tiré d’une fable pour enfant, une version anglophone du Père Fouettard.

Malgré le scepticisme de Sherlock, nos chers amis décident de l’accompagner dans sa demeure, seulement pour y jeter un œil. En effet, derrière une histoire d’héritage, se cachent souvent des manigances discrètes, parfois inquiétantes. Holmes et Watson s’apprêtent à mettre les pieds dans une intrigue pleine de superstitions mais aussi de secrets bien réels, dans une Angleterre à la fois lugubre et mélancolique.

Les voilà donc tous les deux, sur la route du Yorkshire, afin d’aller enquêter sur une suspicion de drame familial, sous couvert de paranormal. L’un, pas tout à fait convaincu mais toujours intéressé par une bonne énigme. L’autre, un peu plus crédule en ce qui concerne les créatures fantastiques mais toujours prêt à aider une demoiselle en détresse. Cependant, derrière un banal détour dans les contrées anglaises sous les neiges de Noël, se cache un thriller bien plus intriguant qu’il n’y paraît…

Le retour de notre duo de choc

On retrouve ici notre Sherlock Holmes, sceptique mais perspicace. Avec son tact équivalent à celui d’un éléphant dans un magasin de porcelaine et son talent pour l’observation digne des meilleurs rapaces, il produit des déductions clairvoyantes. Hautain et désinvolte, parfois désagréable et imprudent, il ne peut finalement pas mener une enquête dans les règles de l’art sans l’appui du Dr Watson. En effet, ce dernier permet à notre fameux détective de ne pas sombrer complètement dans ses pires travers.

Sherlock est toujours accompagné de John Watson, son fidèle compagnon. Comme dans l’œuvre originale, il est presque contraint de suivre son ami. Mais au fond, il est bien plus excité par la démarche de l’enquête qu’il ne veut l’admettre. Curieux et courageux en dépit de quelques craintes, il se retrouve encore une fois malgré lui au cœur du mystère. Par ses interventions naïves, il apporte souvent le petit plus qui manque au génie de Sherlock pour résoudre l’énigme. 

Au fil du récit, nous nous révélons aussi ignorants que Watson. Nous subissons les réflexions mystérieuses de Sherlock, jusqu’à l’apogée finale où l’énigme est enfin résolue de façon théâtrale. Ballotés au rythme des idées et humeurs de l’enquêteur, comme notre cher docteur, nous ne pouvons que tourner les pages au plus vite, pour avoir accès à la clé de l’énigme. L’auteur reprend bien les codes de Conan Doyle et fait durer le suspens jusqu’à son paroxysme. Mais toujours sans en faire trop et surtout sans gâter la fin.

Sur les pas d’un auteur avec un grand A

James Lovegrove opte pour un style d’écriture soutenu avec un vocabulaire ancien pour coller au style de l’auteur d’origine. Même si l’exercice parait moins naturel que pour Sir Conan Doyle, on ne peut qu’admettre que notre auteur moderne a relevé le défi, et haut la main. On se balade dans l’Angleterre de l’époque, grise et froide mais toujours avec un aspect mystérieux voire féerique.

Il garde les caractères initiaux de notre duo d’enquêteurs en y ajoutant sa part de mystère. L’écrivain reprend les codes de l’univers de base avec cette ambiance sombre et pesante, teintée du sarcasme de Sherlock et de l’humanisme du docteur Watson.

Sans rien vous dévoiler de l’intrigue, je peux déjà vous dire que James Lovegrove a su produire un effet de surprise digne du créateur originel. Pour mon plus grand plaisir (et le votre, j’espère), et malgré mes efforts pour essayer de résoudre l’énigme en même temps que notre fameux duo, des bouleversements inattendus nous étonnent jusque dans les dernières pages. Le suspens monte progressivement pour atteindre son zénith lors des habituelles révélations réunissant tous les protagonistes. Le lecteur prend alors place parmi les personnages pour assister à la résolution finale de Sherlock, à un dénouement que personne n’aurait pu prédire.

Un hommage et un pari réussis

L’imagination et les recherches de l’auteur de cet ouvrage apportent de la crédibilité au récit. Cela permet d’en apprendre plus sur cette région du monde et sa culture, à la fin des années 1800.

Par exemple, il y a tout un chapitre très enrichissant (que j’ai personnellement adoré) sur les diverses formes du Thurrick Noir. Lié à celui du Père Fouettard, le pendant maléfique du Père Noël, ce mythe change selon les différentes localisations où il est raconté.

Suivre les traces d’un maître aussi talentueux que Sir Conan Doyle est un sacré défi. Mais il a permis de faire revivre un de mes personnages romanesques préférés. J’ai pu le retrouver dans de nouvelles péripéties, pour mon plus grand bonheur. Et je n’ai absolument pas été dérangée par le fait que ce soit la plume d’un autre écrivain. Sincèrement, j’ai dévoré littéralement ce livre en l’espace de quelques jours (et quelques courtes nuits pour être honnête). Ce fut une excellente découverte et je ne regrette absolument pas d’avoir passé outre ma défiance première.

Mon avis

Pour la petite anecdote, une dame dans les transports m’a questionné sur ce roman de Sherlock dont elle ne connaissait pas le nom. Elle a été ravie d’apprendre que James Lovegrove reprenait le flambeau de Sir Conan Doyle. Pour tous ses fans, c’est une chance et un plaisir de pouvoir continuer à suivre les aventures de notre duo inséparable.

Tant par sa couverture que par son contenu, c’est un très beau livre à avoir dans sa bibliothèque !

Bref, je vous propose cette lecture qui fait parfaitement la liaison entre le folklore d’Halloween et celui de Noël ! Un parfait roman à lire, bien au chaud sous votre plaid, avec une bonne boisson sucrée.

 « Si, comme vous l’affirmez, le père Noël vous a rendu visite en personne, alors, pour moi, il n’y a qu’une chose à faire : considérer cela comme un miracle de Noël. »

Sherlock Holmes et le démon de NoËl – p333

Si vous souhaitez découvrir une autre œuvre à dévorer près du feu, je vous konseil La Petite Boutique de sortilèges !

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