OtakonseilMédia pop-cultureÉdition HalloweenÉdition NoëlÉdition PâquesÉdition printempsÉdition étéÉdition automneÉdition hiver
← Retour à l'accueil

Corum Tome 1 : un prince brisé par la vengeance

Par Katsu28 octobre 20263 min de lecture

Il a perdu son peuple, une partie de son corps, et presque toute raison de vivre. Désormais, on lui demande de combattre un dieu…

Si certains héros commencent leur aventure avec une épée et du courage à revendre, Corum, lui, avance avec sa colère et une vengeance à accomplir.

Avec Le Chevalier des épées, David Chauvel et Luca Merli prennent possession de l’univers de Michael Moorcock pour nous plonger dans une fantasy tragique.

Après Elric et Hawkmoon, les éditions Glénat poursuivent leur exploration de l’œuvre de Moorcock avec Corum. Ce premier album est paru le 18 mars 2026. Le second n’a pas traîné et a rejoint les rayons de nos librairies en août de la même année.

Le dernier survivant

À une époque où les dieux arpentaient le monde, une horde de cavaliers humains sème la terreur. Assoiffé de sang, leur chef, le comte Glandyth, ne laisse que des cendres derrière lui en rasant châteaux, cités et forteresses. Bientôt, Corum Jhaelen Irsei, dernier survivant d’une race oubliée, la race des Vadhaghs, va voir son destin basculer. Capturé, mutilé, celui que l’on surnomme « le Prince à la Robe écarlate » est sauvé par le comte Moidel. Ce dernier, afin de défendre son territoire, va invoquer un sorcier mystérieux, Shool, qui confie à Corum une mission quasi impossible : voler le cœur du plus puissant des dieux du Chaos, le Chevalier des Épées, Arioch, responsable de la destruction de son peuple. Désespéré de n’être que le jouet de divinités capricieuses et de leurs guerres absurdes, Corum s’engage dans une quête de vengeance pour regagner son honneur perdu et renouer avec son intégrité physique, mais qui le fera aussi remettre en question sa propre humanité…

Glénat

Une tragédie qui forge l’héroïsme

Corum Jhaelen Irsei appartient aux Vadhaghs, un peuple dont les derniers représentants ont été massacrés par des humains. Capturé et torturé, le prince survit à l’anéantissement des siens, mais le cauchemar de cette tuerie le poursuit. Le jour où il rencontre Shool, le sorcier lui offre un plan de vengeance sur un plateau. Pour cela, il lui suffit de dérober le cœur d’Arioch, une puissance du Chaos. Une mission qui peut paraître démesurée, mais quand on a déjà tout perdu, que risque-t-on vraiment ?

Et la force de Corum, c’est justement son personnage principal. Ce survivant à qui on a arraché la possibilité de retrouver son ancienne vie nous questionne. Comment continuer à vivre quand tout ce qui nous définissait a disparu ? Cette question donne à l’histoire une profondeur qui dépasse les affrontements et les sortilèges (bien que magistralement mis en scène par les traits de Luca Merli).

La vengeance prend alors une autre dimension dans cette BD. Corum cherche à reprendre la main sur son destin, tandis que des forces supérieures trouvent précisément dans sa souffrance un moyen de se servir de lui. Ses raisons de se battre sont intimes, mais les intérêts qu’il sert lui échappent complètement. Et c’est là toute la cruauté (ou le génie) de cette adaptation. Ce qui lui permet de se relever pourrait aussi faire de lui l’instrument idéal des autres.

Une fantasy débordante

David Chauvel nous entraîne dans un rythme qui ne laisse aucune place à l’ennui. L’univers est complexe et demande un petit temps d’adaptation, mais la BD est conçue de sorte qu’on finisse toujours par s’y retrouver. Avec Corum, on entre dans un monde déjà ancien, chargé de conflits, dont notre héros ne possède pas toutes les clés. C’est donc au lecteur de trouver ses repères au fil de sa lecture.

Cette complexité fait partie intégrante du charme de l’album, mais possède un revers. Le récit avance parfois plus vite que les émotions qu’il provoque et empêche pleinement l’immersion ou l’attachement aux personnages.

Heureusement, le travail de Luca Merli donne une vraie présence à cet univers si riche. Son dessin détaillé nourrit les scènes les plus gores, autant que les créatures et les différentes manifestations du surnaturel.

L’avis de la rédactrice

En tant qu’amatrice de fantasy et plus particulièrement de dark fantasy, j’ai tout de suite accroché avec Corum. Son héros vulnérable et surtout son univers si dense m’ont happée dès les premières pages.

La vengeance est un trope que j’affectionne particulièrement, surtout quand elle est bien réalisée ! Et ici, c’est du grand art !

En bref, une histoire intéressante dont il me tarde de connaître la suite ! Je veux voir Corum obtenir sa vengeance et surtout découvrir ce qu’il lui restera ensuite…

Pour plonger dans un autre univers fascinant, faites la rencontre de Goetz, un héros pas comme les autres !

Vous avez aimé ?

À lire aussi