Le mage du Kremlin : L’homme qui a créé Poutine

Le mage du Kremlin : L’homme qui a créé Poutine

Le Mage du Kremlin est une bande dessinée sortie en avril 2026 chez les éditions Casterman. Il s’agit d’une adaptation du roman de Giuliano da Empoli, sorti quatre ans auparavant.

On retrouve Luc Jacamon au scénario et au dessin. Il est connu mondialement pour sa série « Le Tueur«  qui a même eu le droit à une petite adaptation au cinéma par, excusez-moi du peu, David Fincher lui même en 2023.

D’ailleurs, Le Mage du Kremlin a également été porté à l’écran au début de cette année, avec un casting séduisant comprenant notamment Jude Law ou encore Paul Dano.

Cette œuvre raconte l’histoire du pouvoir politique russe, des complots et manigances qui ont amené Vladimir Poutine au pouvoir et qui l’y ont maintenu. On y suit Vadim Baranov, un homme de télévision qui est rapidement devenu un instrument politique prépondérant dans l’ascension du tsar.

On l’appelait le « mage du Kremlin ». Vadim Baranov, ancien metteur en scène devenu éminence grise de Poutine, fascine autant qu’il intrigue. Un soir, il livre enfin son histoire au narrateur : des coulisses du pouvoir russe surgit un monde de manipulations et d’illusions, où la politique devient théâtre. De la Tchétchénie à l’Ukraine, Le Mage du Kremlin dévoile les ressorts du régime et médite sur la nature du pouvoir.

Casterman

Un récit glaçant

Un récit glaçant

Si l’on excepte le personnage de Vadim Baranov qui, bien qu’il soit inspiré par Vladiskav Sourkov, est fictif, cette œuvre est terrifiante de réalisme. Le personnage de Vladimir Poutine, et encore plus avec les évènements des dernières années, fascine, terrifie et divise. Et ici, il est question de ses débuts. De comment un simple espion est devenu un des hommes d’État le plus puissants de tous les temps.

Après la chute de l’URSS, il fallait à la Russie un homme fort pour contraster avec le dirigeant certes populaire, mais surtout considéré comme faible, qu’était Boris Eltsine. C’est donc dans ce contexte que Vadim et Boris Berezovsky, homme d’affaires influent, collaborent pour mettre Poutine en orbite. D’abord Premier Ministre, ce dernier est ensuite candidat à la succession d’Eltsine, ayant finalement cédé aux demandes des deux hommes de télévision. Il dirige donc la Russie à partir de 2000.

Dans cette bande dessinée se mêlent corruption, chasse à l’homme ou encore propagande. On y voit l’utilisation des médias, le pouvoir des mots et de l’image ainsi que le caractère remplaçable de chaque homme. On a réellement l’impression de se retrouver dans l’histoire à travers le personnage de Vadim.

Un visuel impérial

Un visuel impérial

À présent, attardons nous sur les graphismes et le dessin de Luc Jacamon. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une grande réussite. Les paysages, tout comme les protagonistes et les détails, sont extrêmement soignés. Ils contribuent grandement au réalisme saisissant de l’œuvre, au même titre que l’authenticité de l’histoire.

La beauté des images ne fait que renforcer le côté dérangeant du texte. Après tout, l’auteur nous décrit ici des crimes, des projets d’assassinat ou d’exil d’ennemis politiques… Le personnage de Vadim ne peut paraître humain à aucun moment tant il est l’incarnation même de l’opportunisme. Même son idylle avec Ksenia ou ses « remords » à la fin ne donnent pas le change. C’est un personnage qui n’est pas profondément mauvais, mais qui a été du début à la fin un mouton à la solde des puissants autant qu’un loup capable de les trahir.

L’avis du rédacteur

L’avis du rédacteur

J’ai toujours été un féru d’histoire et de géopolitique. On entend énormément de choses aujourd’hui sur la Russie, sur l’homme qu’est Vladimir Poutine, surtout dans le contexte actuel. C’est donc par curiosité que je me suis lancé dans cette bande dessinée.

Et je suis rapidement devenu admiratif du coup de crayon de Luc Jacamon, qui donne vie au roman de Giuliano da Empoli de manière magistrale. Je trouve que le propos est décrit de manière objective, sans diaboliser plus qu’il ne l’est réellement le pouvoir russe. On n’est pas non plus dans une admiration de ces hommes d’État, tout au plus dans un constat implacable sur la corruption et la cruauté qui règnent dans ce pays.

Je vous recommande donc fortement cette plongée en eaux troubles si vous désirez en apprendre plus sur la genèse du pouvoir russe actuel.

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