ÇA – 1 ère partie : Un cauchemar intergénérationnel

ÇA – 1 ère partie :  Un cauchemar intergénérationnel

En quatre décennies, Stephen King est devenu l’un des plus grands auteurs mondiaux. Il a écrit plus de 60 romans et environ 200 nouvelles depuis 1974. Nombreuses sont donc les pépites que nous aurions pu vous présenter aujourd’hui comme vous vous en doutez…

À l’approche du lancement de la série Welcome to Derry sur la plateforme Max, nous avons choisi de revenir sur l’œuvre qui a, depuis sa sortie en 1986, traumatisé bien des générations : ÇA.

Après de nombreuses adaptations au cinéma, dont Carrie au bal du diable, Christine et Simetierre, c’est sur les chaînes câblées que l’une des œuvres de Stephen King arrive finalement. Les festivités débutent avec ÇA, en novembre 1990 (octobre 1993 pour la France. Le programme sera diffusé sur M6) par Tommy Lee Wallace, réalisateur de Halloween 3 : le sang du sorcier et Vampire vous avez dit vampire ? 2. Un téléfilm de trois heures auquel on doit le traumatisme de nombreux téléspectateurs, et qui sera également responsable d’une vague de coulrophobie.

Notre périple débute dans la ville de Derry. Une petite fille se promène sur son tricycle, mais doit rentrer rapidement avant l’arrivée de l’orage. Dans l’allée, elle retrouve sa poupée au sol et aperçoit un clown caché derrière des draps.

Il ne faudra que quelques minutes avant de deviner que la choupinette est passée de vie à trépas. Les forces de l’ordre arrivent pour évacuer le corps et sécuriser la zone. Parmi les curieux se trouve Mike Hanlon, le bibliothécaire qui fait une étrange découverte : la photo d’un jeune garçon assassiné trente ans plus tôt.

Nulle place au doute : ÇA est revenu ! Il est temps de prévenir « les autres » qui, suite à la promesse faite quand ils étaient jeunes, vont devoir revenir en ville pour affronter cette entité qui terrorise la ville depuis des siècles…

Tout au long de la première partie, nous allons découvrir les différents protagonistes à travers les coups de fil de Mike :

  • Bill « le bègue » : devenu écrivain et encore traumatisé par la mort de son petit frère Georgie.
  • Bev : la seule fille du groupe.
  • Richie « la grande gueule » : un humoriste.
  • Eddie : l’hypocondriaque de la bande.
  • Ben « meule de foin » : un homme au grand cœur devenu architecte.
  • Stan « le Juif » : le boy-scout du groupe qui aurait été l’une des victimes de ÇA étant enfant.

Durant 3 h 12, nous allons voyager entre deux époques : 1957-58 puis 1984-85. L’occasion de découvrir le périple des membres du Club des ratés durant leur enfance, puis lors de leur retour à l’âge adulte. Comme toujours, Stephen King parvient à nous terroriser à travers des événements du quotidien, mais à travers nos peurs d’enfance. Monstre diabolique aimant se repaître d’enfants morts de trouille, Ça est souvent représenté sous la forme du clown Grippe-Sou. Mais il aime aussi prendre l’apparence de tout ce qui effraie la bande de garnements : loup-garou, enfants disparus, araignée géante, etc. Tous les moyens sont bons pour préparer le prochain repas de la bête. Mais l’union fait la force, ce qui leur permettra de le vaincre.

L’amitié est au cœur du récit, parmi d’autres thématiques importantes qui résonnent encore aujourd’hui : surpoids, racisme, religion, etc. Le petit groupe de marginaux nous ramène à nos pires souvenirs, des événements vécus ou dont nous avons été témoins. Une fois de plus, le grand patron était un précurseur du genre, comme pour le Fléau, qui nous rappelle la pandémie du Covid-19.

Malgré un petit budget, le téléfilm est globalement réussi. Nombreux sont les jumpscares qui nous prennent aux tripes, comme les apparitions de Tim Curry, toujours glaçantes. Petite anecdote amusante : lors de leur arrivée sur le plateau de tournage, les enfants ne savaient pas qu’ils allaient être confrontés à un clown. Imaginez leur tête ! Un croque-mitaine qui use et abuse de nos frayeurs d’enfant, tout au long de la première partie. Mais qui s’efface peu à peu durant la seconde partie… Avant de laisser place à une créature hideuse qui n’est pas du tout représentative de la fin du roman. La bête est vaincue, mais pour combien de temps ?

Longtemps attendue par les fans, la suite de ÇA ne verra jamais le jour. Stephen King en a terminé avec le roman, même si la créature est présente dans bon nombre de ses œuvres. Cependant, la rumeur d’une nouvelle adaptation s’intensifie au fil du temps. Dans un premier temps, c’est Cary Joji Fukunaga (que l’on retrouvera ensuite côté scénario) qui est envisagé pour la réaliser. Suite à de nombreux désaccords (la New Line souhaite un film grand public), il jette finalement l’éponge et est remplacé par Andrés Muschietti, à qui l’on doit l’excellent Mama. La hype est au maximum, et c’est en septembre 2017 que le film débarque en salles. Soit pile 27 ans après la sortie du roman, ce qui coïncide avec le cycle du terrible prédateur métamorphe.

Petite particularité, le film débute cette fois-ci en 1989, le réalisateur ayant souhaité transposer le récit à l’époque moderne (l’histoire reste identique à celle du téléfilm, le premier chapitre étant centré uniquement sur l’enfance des sept veinards). Celui-ci commence par le meurtre du petit Georgie qui reste l’une des scènes les plus emblématiques. C’est aussi l’occasion de découvrir le nouveau visage du clown interprété par Bill Skarsgård, un antagoniste bien plus terrifiant, tant dans son costume que dans sa gestuelle.

Le premier chapitre ayant disposé d’un bien meilleur budget et bénéficiant d’une large palette d’effets spéciaux, nous offre un film où l’horreur est beaucoup plus frontale. L’hémoglobine ne manque pas, les jumpscares s’enchaînent à une vitesse folle. De plus, les références au roman sont nombreuses, notamment avec les diverses apparitions de Grippe-sou, le clown dansant. Le succès est immédiat, les fans sont au rendez-vous, comment résister à l’appel d’un second chapitre ?

Deux ans après l’excellent premier chapitre, Andrés Muschietti est de retour derrière la caméra. Après 27 ans d’hibernation, la bête revient, entamant son cycle avec le pauvre Adrian Mellon, un jeune homosexuel jeté du haut d’un pont sous les yeux de son conjoint après avoir été passé à tabac par un groupe d’homophobes. Il est temps pour Mike de tirer la sonnette d’alarme et de contacter les « ratés ». Le petit groupe est de nouveau réuni à l’exception de Stan qui s’est donné la mort…

Seconde partie aussi attendue que redoutée, cette dernière est bien trop longue (2h50). On pestera devant un rajout de scènes inutiles, même si le petit caméo de Stephen King est appréciable. Les références au roman restent nombreuses, avec l’arrivée du rituel de Chud, qui est enfin présent, mais une fois de plus sacrifié en partie. Moins de sang, moins de frissons, … ÇA – chapitre 2 clôture la saga mais divise sur bien des points ! Notamment le final, qui est, une fois de plus, à des années lumières de la vision que chaque lecteur avait en tête.

De ce fait, difficile de trancher entre le téléfilm et le remake en termes de qualité. Chacun a su marquer les esprits sur différents points. Mais la seconde partie, dédiée au club des ratés adultes, souffre de nombreux défauts. Stephen King avait articulé son roman sur la métaphore du passage à l’âge adulte, la perte de l’innocence, avec pour toile de fond nos souvenirs d’enfance. Une œuvre angulaire de sa bibliographie qui aura été complexe à adapter pour les deux réalisateurs. Entre nostalgie et vision moderne, ces deux adaptations valent encore la peine d’être vues avant Welcome to Derry.

Otakonseil - Separateur ÇA

Côté série, de nombreuses attentes existent, mais nous devrons patienter pour voir si ce nouveau format en vaut la peine. Les producteurs ont prévu trois saisons en s’inspirant des intermèdes du roman. Chacune remonte trente ans en arrière, ce qui nous permet de mieux comprendre les origines de Ça. L’encre et le sang vont couler encore un peu plus quand nous vous partagerons notre avis, une fois la saison terminée.

Mais avant de revenir sur cette nouvelle adaptation, je passe le flambeau à l’ami Niko. Explorateur des égouts de Derry à ses heures perdues et membre honorifique du club des ratés, qui revient dans la seconde partie de notre dossier sur les différences marquantes entre les adaptations et le roman de Stephen King.

Envie de découvrir un autre roman qui vous fera frissonner en attendant la suite ? Nous vous recommandons J’étais Dracula le Maudit.

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