La Dernière Sorcière : les origines du bûcher

La Dernière Sorcière : les origines du bûcher

La Dernière Sorcière est le dernier livre en date de C.J. Cooke. L’autrice nous a déjà régalés avec « Le Livre des Sorcières » et « Les Sorcières du Phare ».

Toujours publié chez Hauteville, ce tome unique fait son entrée dans les librairies en mai 2026. Il s’agit d’un roman historique basé sur l’histoire réelle d’Helena Scheuberin, l’une des premières femmes suspectées de sorcellerie. 

Le récit suit donc Helena, accusée de meurtre puis de sorcellerie, qui se retrouve enfermée avec plusieurs femmes condamnées au bûcher. Dans leur cachot, la découverte d’un mystérieux artefact leur offre une échappatoire possible, mais peut-être cela les conduira-t-il à leur perte…

Sera-t-elle brûlée sur le bûcher… ou consumée par la magie ?

En 1485, dans la cité autrichienne d’Innsbruck, Helena, jeune épouse d’un riche bourgeois, se destine à une vie confortable. Mais lorsque leur valet est retrouvé mort, on accuse Helena de l’avoir tué. Pire encore : on la soupçonne de sorcellerie. Livrée à l’effroyable inquisiteur Heinrich Kramer, elle est enfermée avec six autres femmes promises au bûcher. Dans l’obscurité de leur cachot, les captives découvrent un totem de magie noire, la main tranchée d’une innocente, qu’elles tentent d’utiliser pour s’évader. Mais l’objet réveille des forces avides de les posséder. Tandis que sa terrible sentence approche, Helena comprend que les vivants ne sont pas les seuls à vouloir sa perte.

Hauteville

Le roman réussit avec brio à restituer l’atmosphère de la fin du Moyen Âge. C.J. Cooke s’appuie sur un solide travail documentaire qu’on lui connaît bien. Elle se sert de ses recherches pour recréer un monde où une simple accusation conduisait à la torture, voire à la mort…

Les descriptions de l’emprisonnement des accusées sont particulièrement horrifiantes. Les cellules humides, la peur viscérale, l’attente interminable et surtout les méthodes d’interrogatoire… installent une tension constante. L’autrice n’adoucit jamais la réalité historique, au contraire, elle nous livre un témoignage du passé dans toute sa vérité. Certaines scènes sont d’ailleurs particulièrement éprouvantes.

À travers la figure historique de Heinrich Kramer, le roman met également en lumière les mécanismes d’une misogynie institutionnalisée. Jamais un homme n’a été accusé de sorcellerie et ce simple constat en dit long sur la mentalité de l’époque… L’acharnement de Heinrich contre les femmes est un parfait exemple de la domination qu’elles subissaient à l’époque, sévices que l’on peut mettre en exergue encore à notre époque malgré d’évidentes améliorations des conditions. 

Si l’on omet la dimension historique, La Dernière Sorcière est avant tout un roman profondément humain. Helena est une jeune femme courageuse sans pour autant être invincible. Elle sait être lucide et réaliste sans perdre sa compassion. 

Loin de se centrer uniquement sur son personnage principal, le récit accorde une place importante aux autres prisonnières. Chacune possède sa propre voix, son histoire et ses blessures. Ensemble, elles forment une communauté soudée et particulièrement attachante. 

Cette solidarité féminine constitue le vrai cœur du roman. Dans cet abominable contexte où tout est fait pour isoler et briser ces femmes, celles-ci trouvent dans les liens qui les unissent une forme de courage. Cette sororité apporte une lumière à un récit sombre, enrichi d’éléments fantastiques qui n’éclipsent jamais complètement la dimension historique. Le surnaturel agit presque comme un prolongement symbolique des peurs et de la colère vécues par les personnages. 

J’avais adoré ma lecture du Livre des Sorcières et me voilà à nouveau grandement convaincue par ce nouveau roman de C.J. Cooke. Captivant, émouvant et terriblement immersif, j’ai été transportée de la première à la dernière page.

Certains passages peuvent s’avérer difficiles à lire en raison de la brutalité des événements décrits, mais c’est cette violence qui participe à la force du témoignage porté par le livre.

À la croisée du roman historique, du récit gothique et de la réflexion féministe, La Dernière Sorcière s’impose comme un texte marquant. Une œuvre sombre, intense et nécessaire, qui rappelle combien le courage peut survivre même dans les périodes les plus obscures de l’Histoire.

Envie d’un peu de douceur ? Et si vous faisiez la rencontre de Zora, la plus adorable et casse-cou des sorcières ?

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