La Mémoire des Vaincus Tome 2 – le prix de la guerre

Découvrez le grand final de la duologie aussi sombre que passionnante de Bleuenn Guillou ! La Mémoire des Vaincus n'attend que vous !

Avec L’Immortel, Bleuenn Guillou referme sa duologie La Mémoire des vaincus. Après un premier tome consacré aux secrets enfouis de Novi Zora et au commerce des souvenirs, l’autrice entraîne ses personnages au bord d’une nouvelle guerre. Entre manipulations politiques, expérimentations mémorielles et ambitions personnelles, chacun devra choisir son camp. Mais certains semblent déjà prêts à tout sacrifier pour imposer leur vision de l’avenir.

L’autrice n’en est pas à son premier roman et nous a déjà régalé avec plusieurs titres dont Le Tribu des Dieux et La lignée des Maudits. Pour le second, vous pouvez retrouver notre article à son sujet en cliquant juste ici !

Anastasia, de retour à Mirska, est confrontée à sa véritable famille. Quant à Lev, il manœuvre au sommet pour se faire une place tout en restant proche d’Aliocha.

La menace d’une nouvelle guerre gronde dans les rues de Novi Zora.

Aux côtés d’Aliocha, Lev profite du chaos pour placer ses pions sur l’échiquier politique et creuser dans les plus sombres secrets d’État. Mais quand il découvre que son ancien mentor, Vladimir Sokolov, mène des expériences qui défient toute morale, un dilemme s’impose : le dénoncer en vertu de la justice, ou utiliser ses recherches pour ses propres ambitions ?

Anastasia, elle, est de retour dans sa famille, à Mirska. Son objectif est simple : jouer la fille modèle pour voler les plans d’une arme de destruction massive qu’aurait construite son père. Une mission qui pourrait changer le cours de la guerre, mais à quel prix ? Si elle se fait prendre, elle risque de perdre bien plus que sa propre mémoire…

Quand l’histoire se répète, la vraie nature des hommes se révèle. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Didier Jeunesse

Dans l’univers imaginé par Bleuenn Guillou, les souvenirs ne représentent pas seulement le passé d’un individu. Ils peuvent être extraits, vendus, volés ou modifiés. Déjà au cœur du premier tome, ce concept prend ici une dimension plus inquiétante encore : la mémoire devient un véritable instrument de domination.

Diabolisé par la figure d’Elias, scientifique sans réelle morale, accro aux découvertes, le roman interroge les limites de la science. Jusqu’où peut-on aller pour gagner un conflit ? La Mémoire des Vaincus nous questionne aussi sur ce qu’il reste d’une personne quand ses souvenirs lui sont retirés. Peut-on encore être soi-même sans son histoire, ses émotions et les liens qui nous unissent aux autres ? À l’inverse, jusqu’à quel point notre passé détermine-t-il nos choix et notre avenir ? Ces questions accompagnent particulièrement Anastasia, qui cherche toujours à comprendre ses origines et les circonstances de sa disparition.

Son retour auprès de la famille Volkova bouleverse cependant ses certitudes. Alors qu’elle pensait pouvoir jouer un rôle et accomplir sa mission sans s’impliquer émotionnellement, elle découvre peu à peu qu’elle a véritablement été aimée. Sa quête ne consiste donc plus seulement à retrouver des informations sur son passé, mais à déterminer la place qu’elle souhaite lui accorder dans la personne qu’elle est devenue.

À travers elle, Bleuenn Guillou montre que la mémoire peut aussi bien construire une identité que servir à la contrôler. Les souvenirs deviennent une richesse convoitée, une arme politique et un territoire intime que chacun devrait pouvoir préserver. Leur manipulation pose alors une question essentielle : jusqu’où peut-on intervenir dans l’esprit d’un individu au nom de la science, de la sécurité ou de l’intérêt collectif ?

Dans ce second tome, les tensions politiques prennent une ampleur nouvelle. La colère gronde dans les rues, la police mémorielle renforce sa répression et les violences exercées contre les Mirskiens se multiplient. La guerre paraît désormais inévitable, mais Bleuenn Guillou ne se contente pas d’opposer deux nations. Elle confronte plusieurs visions de la justice, du pouvoir et de l’avenir.

Cette opposition apparaît notamment à travers Lev et Aliocha. Tous deux souhaitent participer à la reconstruction de leur pays, mais ils ne défendent pas la même conception de la paix. Aliocha conserve sa douceur, son empathie et son rejet profond de la violence. Il veut aider les autres sans perdre son humanité. Lev, au contraire, place la restauration de Krajlara au-dessus de toute autre considération. Son ambition, déjà perceptible dans le premier tome, devient ici beaucoup plus préoccupante.

L’évolution de Lev constitue ainsi l’une des grandes forces du roman. Le personnage ne change pas brutalement : il révèle progressivement jusqu’où il pourrait aller pour atteindre ses objectifs. Son parcours interroge la frontière entre patriotisme et fanatisme, mais aussi la facilité avec laquelle une cause présentée comme juste peut servir à légitimer les pires décisions.

Autour d’eux, les manœuvres de Sokolov, les recherches d’Elias et la mission d’Anastasia composent une intrigue politique particulièrement dense. Les alliances sont fragiles, chacun tente de manipuler les autres et les intérêts personnels se mêlent constamment aux enjeux collectifs. Malgré ses nombreux enjeux, le récit reste accessible et parfaitement compréhensible.

Le rythme s’accélère considérablement au fil des pages. Les révélations et les retournements de situation s’enchaînent jusqu’à donner l’impression que les protagonistes sont pris dans un engrenage impossible à arrêter. Cette montée en tension transforme L’Immortel en une conclusion aussi haletante que profondément révoltante.

Quelle claque.

J’attendais beaucoup de ce second tome, mais je ne pensais pas que Bleuenn Guillou oserait pousser son histoire aussi loin. C’est un roman sombre, politique et terriblement prenant. Anastasia est restée ma chouchoute de la première à la dernière page. Progressivement elle s’affranchit de son image de voleuse et devient l’héroïne qu’on attend d’elle.

Aliocha demeure, quant à lui, l’un des personnages les plus profondément humains du récit. Sa douceur et son rejet de la guerre tranchent avec la violence grandissante du monde qui l’entoure. Elias, en revanche, confirme tout ce que l’on pouvait craindre de lui. Manipulateur, traître et entièrement absorbé par ses recherches, il repousse toujours plus loin les frontières de l’acceptable.

Mais c’est Lev qui m’a le plus scotchée. Je savais qu’il était arrogant et que son ambition était sans égale, mais je ne le pensais pas capable de telles atrocités… Sa quête du pouvoir semble ne pas avoir de limites dans ce second tome et malheureusement, même Aliocha ne suffit plus à compenser la monstruosité qui au final l’a toujours habité.

Une fin parfaitement contrôlée

Une fin parfaitement contrôlée

Et pourtant, cette évolution reste parfaitement logique. Lev ne devient pas soudainement un monstre : il révèle ce qu’il était depuis le début, débarrassé de ses hésitations et de ses derniers scrupules. Il n’a jamais caché son désir de rendre toute sa gloire à Krajlara. Nous avons simplement voulu croire qu’il existait une limite qu’il ne serait pas capable de franchir.

Bleuenn Guillou a détruit mes espoirs à coup de masse et le rêve de liberté de certains personnages est brisé avant d’avoir pu voir le jour. Cette fin est noire, brutale et presque difficile à accepter, mais elle fonctionne merveilleusement bien. L’autrice refuse la facilité d’une conclusion rassurante et va jusqu’au bout de la logique de ses personnages. Elle montre que les révolutions peuvent être confisquées, que les anciennes tyrannies peuvent être remplacées par de nouvelles et que les discours de libération peuvent servir les ambitions de ceux qui convoitent le pouvoir.

Une conclusion cruelle, intelligente et terriblement marquante. Plusieurs jours après ma lecture, je ne m’en suis toujours pas remise.

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Katsu
Katsu

Un dragon millénaire qui transmet la magie des livres de générations en générations.
Que vous soyez un otaku aguerri ou un novice curieux, vous trouverez ici de quoi nourrir votre passion pour les histoires captivantes et les personnages inoubliables.
Rejoignez-moi dans ce voyage à travers les mondes imaginaires et explorons ensemble les trésors cachés de la littérature !

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