La Fille de la Faucheuse : quand la mort prend des airs de cosy mystery

La Fille de la Faucheuse : quand la mort prend des airs de cosy mystery

Alice Doublier est l’autrice de six romans de genres divers et variés. Elles & le Feu, sa première duologie est parue en 2024 aux éditions Hachette. On retrouve ensuite en mai 2025, Tropes : Les secrets d’écriture de la romance et de la romantasy (Bragelonne), un essai sur les différents codes de la romance et enfin Le Secret de l’Herboriste, aux éditions Slalom en janvier 2026. N’oublions pas son roman à venir cette fois en auto-édition : L’Avocate et le Vampire, une romantasy qui risque de vous plonger dans une histoire d’amour déjantée. Si vous êtes intéressé par ce dernier, foncez participer à la campagne Ulule pour en faire le plus bel objet possible !

Mais le livre qui nous intéresse aujourd’hui n’est aucun de ceux-là. Il s’agit de La Fille de la Faucheuse, un roman jeunesse publié aux éditions Auzou.

Au programme, une marée de morts pas tout à fait morts et une apprentie Faucheuse complètement perdue, obligée de se rendre dans le monde réel pour retrouver la vraie Faucheuse.

Je mène une mort tranquille, et cela durera ainsi pour l’éternité.
Curieux, n’est-ce pas ? Pas pour moi. Je suis la fille de la Faucheuse, chargée d’accueillir les âmes pour les envoyer vers l’au-delà.
Mais cette nuit, rien ne se passe comme prévu : 
Un : 52 spectres apparaissent soudain devant mon manoir
Deux : Ils ne sont pas tout à fait morts
Mon pouvoir ne fonctionne plus sur Tom, un spectre aussi optimiste qu’agaçant
Ça ne pourrait pas être pire… Ah, si : la Faucheuse a disparue !
Même si cela m’horripile, je n’ai pas le choix : je dois suivre les dernières traces de la Faucheuse… et partir enquêter dans le monde des vivants.

Auzou

Rosemonde n’est pas tout à fait une adolescente comme les autres. Et pour cause : elle est la fille de la Faucheuse. Son quotidien se déroule loin du monde réel. Elle accueille les âmes des défunts avant leur passage vers l’au-delà et semble parfaitement satisfaite de cette existence solitaire. Après tout, pourquoi s’embarrasser des vivants lorsque les morts sont beaucoup plus simples à gérer ?

Une nuit, 52 spectres apparaissent devant son manoir. Et comme si la situation n’était pas suffisamment étrange, la Faucheuse est introuvable. Rosemonde n’a alors plus vraiment le choix. Pour comprendre ce qui est arrivé à celle qu’elle considère comme sa mère et découvrir l’origine de ces apparitions, elle va devoir abandonner le confort de son quotidien et se rendre là où elle n’a aucune envie d’aller : dans le monde des vivants.

Accompagnée notamment de Tom, dont l’optimisme tranche radicalement avec son propre caractère, Rosemonde se retrouve plongée dans une enquête qui va rapidement dépasser la simple disparition de la Faucheuse.

Alice Doublier parvient à construire tout un imaginaire autour de la mort sans jamais rendre son roman véritablement effrayant. Spectres, médiums, Faucheuse, manoir, corbeau et monde des morts sont au rendez-vous. Pourtant, l’ensemble possède quelque chose d’étonnamment chaleureux. On se situe davantage du côté du spooky cosy que de l’horreur, avec cette esthétique automnale où l’on pourrait presque s’installer avec Rosemonde autour d’un chocolat chaud entre deux apparitions surnaturelles.

Rosemonde est aussi particulièrement intéressante. Elle ne possède pas seulement un lien familial avec la Faucheuse : elle travaille avec elle. Accueillir les âmes est devenu une routine, avec tout ce que cela implique de règles et même de tâches administratives. La mort perd donc une partie de son caractère abstrait et terrifiant pour devenir presque… un métier.

Cette banalisation crée une bonne partie de l’humour du roman. Rosemonde évolue dans cet univers avec un naturel absolu, tandis que le lecteur découvre progressivement ses lois et ses habitants.

L’autre force du roman repose clairement sur le duo formé par Rosemonde et Tom. D’un côté Rosemonde apprécie sa solitude, ses habitudes et le calme de son existence. De l’autre, Tom apporte une énergie beaucoup plus lumineuse. Leur relation fonctionne justement parce que le roman ne cherche pas à effacer leurs différences. Ils apprennent à avancer ensemble malgré elles, et leurs échanges donnent beaucoup de rythme à l’enquête.

La Fille de la Faucheuse est une très jolie surprise.  Rosemonde est une héroïne attachante précisément parce qu’elle n’a rien de l’aventurière enthousiaste.

J’aurais parfois aimé rester davantage dans cet univers et approfondir certains de ses personnages, mais le rythme rapide empêche aussi l’histoire de s’essouffler. C’est court, fluide, drôle et terriblement efficace.

Avec son mélange d’enquête et de surnaturel La Fille de la Faucheuse possède finalement le parfait parfum de lecture automnale : des fantômes, un manoir, une disparition inquiétante et juste ce qu’il faut de noirceur pour accompagner le chocolat chaud.

Une lecture idéale pour découvrir la Faucheuse sous un jour beaucoup moins terrifiant… et constater que même dans l’au-delà, les problèmes de famille ne meurent jamais vraiment.

Envie de découvrir un autre roman avec une héroïne adorable ? Faites la connaissance de Zora dans Les Sortilèges de Zora !

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