Le 9 août, tu me dévoreras : stalkeuse ou protectrice dévouée ?

Le 9 août, tu me dévoreras : stalkeuse ou protectrice dévouée ?

Publié aux éditions Meian depuis mars 2021, Le 9 août, tu me dévoreras est un seinen détonnant ! Pensée et dessinée par Tomomi, la série compte pour l’instant 5 tomes.

Ce manga nous plonge dans un univers aussi fascinant que terrifiant, où l’amour se manifeste sous la forme d’une obsession sanguinaire.

Entre yôkais assoiffés de passion et héroïnes yanderes surprotectrices, ce manga est un concentré de tension psychologique, d’horreur surnaturelle et de sensualité dérangeante.

Le terrifiant quotidien d’un adolescent poursuivi par des femmes monstrueuses, dans une histoire d’amour où se mêlent passions, désirs et horreur.

Ao Sakurai est un lycéen, victime, depuis l’enfance, de harcèlement de la part de plusieurs stalkeuses. Un jour Ueda, sa camarade de classe, se transforme en monstre et lui avoue être l’une d’elles. Miyako intervient alors pour le sauver et lui révèle que ses oppresseuses sont en fait des yôkais en quête de son amour.

Qu’adviendra-t-il de notre héros, victime des passions de centaines de jeunes filles monstrueuses ?

Je ne peux pas résister, il est vraiment… À croquer !

Mélange détonnant d’horreur et de surnaturel, « Le 9 août, tu me dévoreras » nous plonge dans un quotidien cauchemardesque où la survie est un combat de chaque instant. La terreur liée au surnaturel s’y mêle à d’autres peurs bien plus réalistes et fondamentales, par la mise en scène de stalkeuses omniprésentes et violentes, mais aussi à travers la relation aussi toxique que mystérieuse qui lie Sakurai à Miyako…

Meian

Du quotidien à l’enfer pour Ao Sakurai

Ao Sakurai est un lycéen comme les autres… ou presque. Depuis son enfance, il est la cible d’un harcèlement constant, traqué par des jeunes filles obsédées, violentes et étrangement inhumaines.

Alors qu’il se fait attaquée par l’une de ses camarades de classe, c’est l’intervention de Miyako, mystérieuse élève au regard tranchant, qui le sauve in extremis.

La vérité explose : les filles qui le poursuivent sont des yôkais, des créatures surnaturelles qui veulent son amour… ou le dévorer.

Miyako : ange gardien ou démon possessif ?

Miyako, cette étrange stalkeuse se révèle être elle-même une yokai surpuissante. Elle veille sur Ao, le protège et tue sans hésiter pour lui. Mais sa relation avec lui n’a rien de sain au premier abord. Yandere dans toute sa folie, elle oscille entre tendresse maladroite et pertes de contrôle inquiétantes.

Elle est à la fois fascinante et mystérieuse. D’autant qu’elle ignore tout de son passé ce qui la rapproche encore plus d’Ao dont le passé reste trouble tout au long de l’histoire. Si le jeune homme semble nous cacher un lourd secret, ce n’est qu’au 5ème tome que l’on apprend une part de la vérité le concernant.

Au fil des pages, Miyako devient attachante et on apprend peu à peu à aimer cette jeune femme folle amoureuse de son Ao.

Une esthétique au service de la folie

Le manga joue habilement sur la tromperie des apparences. Chaque personnage féminin qui nous semble doux et maternelle envers Ao, s’avère être presque toujours un monstre à l’instinct meurtrier glaçant.

Ces figures féminines, tantôt protectrices, tantôt prédatrices, incarnent la tension permanente entre réconfort et terreur du manga.

Graphiquement, le manga se distingue par un trait sombre, percutante, à la limite de l’oppression. Les visages sont excessivement expressifs, distordus par la passion ou la folie.

Ce style de visuel sert parfaitement une narration où le réel se trouble et où chaque regard peut trahir une obsession meurtrière.

Folklore japonais et tragédie moderne

Le 9 août, tu me dévoreras, ne se contente pas de jouer avec les codes de l’horreur psychologique. Il mêle aussi avec intelligence le folklore japonais à sa trame. Le manga convoque alors des créatures comme l’ushionna, yôkai célère dans la mythologie japonaise.

Le manga joue d’ailleurs habilement avec le temps et l’espace. D’autant plus quand on découvre la vérité sur la ville et sur la fameuse boucle temporelle qui répète inlassablement le même jour.

L’avis de la rédactrice

J’ai tout d’abord été désarçonnée par ce manga. Je ne m’attendais pas à découvrir une surexploitation de yandere.

Pourtant, au fil des tomes, je me suis attachée à Miyako et à Ao et n’ai eu qu’une envie : en apprendre plus sur eux.

Il est rare de trouver un manga aussi immersif, dérangeant et captivant à la fois. Ce subtil mélange de romance toxique, d’horreur surnaturelle et de thriller psychologique font du 9 août, tu me dévoreras, une oeuvre unique.

Un manga à ne surement pas lire avant de dormir, sauf si vous êtes prêts à rêver d’yeux vides et de sourires trop larges…

Pour découvrir un autre manga d’horreur palpitant, pourquoi ne pas vous lancer dans l’oeuvre du maître incontesté du genre : Junji Ito ?

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